Au delà des problématiques de visibilité sur Internet, l’enjeu n’est plus simplement de s’adresser aux internautes, mais de dialoguer et d’interagir avec ces derniers. Cette évolution induit donc aux professionnels de s’approprier et d’utiliser autrement ce média, voire si on pousse ce raisonnement à l’extrême, la nécessité de disposer de nouveaux profils pour gérer sa présence sur le Web, et plus particulièrement sur les réseaux sociaux. Il est en effet bien loin le temps ou un webmaster pouvait se charger des différents aspects d’un site Internet (technique, animation, mise à jour…). Il est de plus en plus un « homme orchestre ».
En effet, peu d’acteurs peuvent se permettre de créer leur propre réseau social et doivent donc insérer leur marque, leur destination au sein de l’écosystème existant (sites d’avis, carnets de voyage, facebook, myspace etc.). On peut vraiment caractériser cette approche comme un marketing des réseaux sociaux.
A ce sujet, Annette Moser-Wellman du Media Management Center de la Northwestern University (Illinois) a publié en novembre 2008, « Six Competencies of the Next Generation News Organization« . Ce document expose 6 compétences qui sont de plus en plus indispensables pour travailler sa présence et surtout écouter la demande des internautes. Les trois premières compétences me semblent particulièrement stratégiques. Tout d’abord «The platefom Strategist », c’est-à-dire d’identifier finement les réseaux sociaux utilisés par ses clients et donc d’imaginer comment s’intégrer le plus efficacement au sein de ces derniers. Ensuite «The Marketer » qui consiste à voir comment engager la conversation avec sa clientèle. Enfin «The Community Builder» ou plutôt animateur de communauté qui tente de relier des internautes autour de mêmes centres d’intérêt, et surtout d’entretenir le dialogue entre les internautes et la destination, le lieu ou bien la marque.
Un bon site Internet ne suffit plus désormais pour être visible sur Internet. Il est indispensable de démultiplier les portes d’accès vers sa société. Le Muséum de Toulouse est un bon exemple d’une approche multicanal, et de la mise en place d’une stratégie globale sur le Web. Dès la page d’accueil du site on voit clairement que le musée a pensé sa présence sur les réseaux sociaux : Flickr, Facebook, un univers sur Netvibes, partage de ressources via del.icio.us… Un parti pris me semble important dans l’approche du Muséum de Toulouse. Les contenus ont été en effet mis sous le régime de la licence creative commons. C’est-à-dire que vous pouvez réutiliser les contenus à partir moment où vous indiquez entre autre la provenance. Les institutionnels du tourisme devrait s’inspirer plus de cette bonne pratique d’autant plus que ce sont des données publiques…
L’animation est au coeur de la stratégie du lieu. On voit que l’on recherche à la fois d’entretenir une conversation « permanente » et surtout de profiter de ce dialogue pour améliorer encore plus la présence du lieu sur Internet. Quelques exemples ci-dessous du musée sur Flickr. On notera également que le l’animation suppose également de comprendre qu’il existe diffférents registres de conversation. Par exemple un commentaire sous la forme d’une photo induit également une réponse sous cette forme.
Enrichir les ressources du musées et engager la conversation avec ses publics :
On dialogue et on enrichit l’information :
Bref faire de la veille, écouter ses publics et converser est désormais central dans les stratégies Internet, mais encore faut-il disposer des ressources adéquates (moyens et ressources humaines). Il y a donc des profils et des postes à imaginer dans ce domaine.


6 commentaires
En effet, toute la limite de l’utilisation des réseaux sociaux et plateformes de partage, par des institutionnels, réside dans l’animation et le dialogue a y apporter.
Il faut (sur)veiller ce qui est produit par les utilisateurs, « intervenir » dans cette production, voire la fédérer par le biais de groupes ou de pages (d’où la demande d’ajout au groupe sur Flickr) .
Pour conclure je te rejoins sur l’idée des ressources.
Toute technologie nécessite de l’humain et il faut bien garder à l’esprit qu’au même titre qu’une centrale de réservation nécessite du personnel in-situ et ne sera pas forcément synonyme de baisse de charges salariales (comme beaucoup l’on imaginé il y a plusieurs années), une forte présence institutionnelle sur ces réseaux est à mettre en parallèle avec l’existence d’une personne (voire d’une équipe) pour animer ces communautées, conserver une cohérence avec les objectifs stratégiques et, dans l’idéal, obtenir un retour économique.
Merci pour ce regard pertinent et de cet exemple sur la Culture.
Vincent à bien résumé les ressources nécessaires.
Le Web2.0 çà marche pas tout seul, c’est même très chronophage pour suivre constamment les flux de conversations et s’y insérer intelligemment.
On reviens toujours au point A et B : ressources humaines ad-hoc et formation.
Donc soit c’est en Interne qu’il y a les ressources, soit c’est sous-traité en externe. Pour ce 2ème point, vu qu’il y a pas beaucoup de budget et peut d’ouverture d’esprit des décideurs, c’est pas gagné !!!
@Vincent, @Claude : Et oui c’est le coeur du problème ! Il y a sûrement aussi à revoir la répartition des budgets… Beaucoup de questions sont en filigranes : quel est mon coeur de métier ? On ne peut pas tout faire surtout dans ce domaine, on à tout à gagner à une approche en réseau. L’enjeu n’est plus simplement de vendre son petit coin mais la France.
En tout c’est « amusant », il ne viendrait jamais à l’idée dans d’autres domaines de faire appel à des spécialistes ou à prévoir un budget, mais dès que c’est Internet…
Zénon 3000 programme le samedi 21 mars 2009 à Bergues un atelier de sensibilisation sur la veille informationnelle, outils et stratégies pour les projets de développement touristique et ceux du patrimoine…… glocal is smart !
http://berguesprospective.over-blog.org/article-28080373.html
Avez-vous pensé que, pour le moment, les très bon sites web des musées sont mille fois mieux que ces musées , dans leur réalité? C’est le cas pour Toulouse, je suis d’accord, un sans faute- sauf l’esthétique, pas beaucoup travaillée- c’est le cas pour Guggenheim de Bilbao. Je crois que les budgets ne sont pas le nerf de la guerre, pour une fois! Il y a surtout l’impossibilité, pour les hiérarchies, d’envisager toute aventure , que quelque chose leur échappe.Bref, je pense que, comme « Mes nuits sont plus belles que vos jours », leurs sites sont plus beaux que leurs musées, et que cette période de transition va durer un certain temps. Problème pour les Touristes : y aller ou pas? Et s’ils demandent à l’Office du tourisme, « C’est vraiment aussi bien que ça en a l’air, ce musée? Il a un site super??? », comme les OT ne souhaitent pas choisir, en France, et qualifier leurs offres avec précision, avis, retours d’avis, etc…II faudra que les touristes prennent (encore?!?) des risques, les pauvres.Car , dans quelques mois ou quelques années, le collaboratif sera l’ordinaire, la hiérarchie entendra raison..Ceux qui seront partis les premiers le resteront, on ne peut revenir en arrière, pour le collaboratif, quant à ceux qui auront zappé Internet, je pense que cela ira très mal pour leurs objectifs de « diffusion aux publics les plus larges possibles »!
@lehalle > Je suis assez d’accord avec vous sur l’idée que le problème est idéologique et que les conservateurs de musée doivent, avant tout, changer leur état d’esprit et accepter que diffuser leur colllection sur un support numérique n’est pas un « risque » pour leur institution.
Voir mon billet sur le sujet > http://www.e-tourisme.info/quand-google-earth-est-vecteur-dart-et-de-patrimoine/
Cependant je ne vous rejoins pas sur votre vision des Offices de Tourisme. Ces derniers n’ont pas le choix, à partir du moment où ils s’incrivent dans une démarche qualité ils ont obligation d’être exhaustif et ne peuvent pas avoir de jugement de valeur sur les professionnels/institutionnels qu’ils regroupent.
Après, certains ont la bonne idée de sélectionner certaines « offres » et de tenir, en parallèle, un liste exhaustive qu’ils laissent accessible aux visiteurs.
Quand à la prise de risque de nos amis touristes, avec des sites comme tripadvisor et d’autres services 2.0 ils ont, dès à présent ,de multiples sources pour appréhender la qualité perçue des établissements.
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