Les TIC permettent créer des nouveaux services dans le tourisme

Au-delà des problématiques liées à la commercialisation (info-réservation, vente en ligne), les technologies de l’information et de la communication sont une source de nouveaux services et par extension une source de nouveaux profits. Les champs du possible sont à vrai dire nombreux.Toutefois cela nécessite tout d’abord de repenser les offres touristiques. Les comportements et les attentes des consommateurs ont évolué, le numérique est désormais une pratique du quotidien. Les touristes s’attendent à trouver lors de leur villégiature un accès au web. Est-il par exemple raisonnable de faire payer Internet dans un hôtel ?Bondir...Les tic sont souvent perçues comme un empilement, comme un élément que l’on ajoute au produit, une option facultative. Bref un complément et nullement une composante essentielle d’une offre. Et bien entendu on estime cette option comme devant être payante pour le consommateur. Ce principe de facturation est également un coût additionnel à gérer pour le prestataire touristique. Ferait-on payer les serviettes dans une chambre d’hôtel ou bien la télévision ? Dans l’hôtellerie, je me rappelle que dans les années 90, un accès gratuit à une chaîne codée était un facteur différenciant, voire de choix d’une offre par rapport à une autre. C’est certes différent, mais il en est de même pour Internet aujourd’hui. Les tic doivent être au cœur du produit.Il est en outre illusoire de penser développer des services payants si le touriste ne dispose pas d’un écosystème propice à l’utilisation des offres numériques. La France est une grande utilisatrice des réseaux sociaux, des blogs… Ce ne fut possible que grâce au principe de l’Internet illimité à un prix raisonnable pour le consommateur. Les internautes ont ainsi eu le temps de s’approprier ces nouveaux usages sans avoir derrière eux une épée de Damoclès : la facture. La même problématique se pose à nouveau pour le téléphone portable, d’autant plus que ce dernier devient de plus en plus une des possibilités pour la mise en place de services en situation de mobilité…Ce point est essentiel et il tient même au changement de paradigme avec l’émergence de l’économie de l’immatérielle, ou tout simplement l’économie numérique. Nous sommes en effet passés en quelque sorte d’une économie de la rareté à une économie de l’abondance.   Un audioguide est par exemple duplicable à l’infini à des coûts moindres. Le consommateur appréhende le numérique sous l’angle de l’illimité via son forfait Internet. L’information perd de sa valeur, car il peut y accéder très simplement. Le client n’est prêt à payer qu’à partir du moment où cela apporte une réelle valeur ajoutée. Il ne faut pas vouloir simplement informatiser la réalité et appliquer des modèles économiques habituelles : ce qui est rare est cher. Dans un monde globalement numérique, c’est difficile à faire passer.La numérisation d’un guide papier n’est par exemple pas le bon niveau de réponse. Il s’agit de faire mieux et autrement. C’est-à-dire d’imaginer des services qui accompagnent véritablement le touriste : aide aux choix (cf. l’info-obésité), proposition d’un parcours en fonction du temps que l’on dispose. Je passe une demi-journée et je ne connais pas, qu’est-ce qu’il faut absolument voir, où manger, où faire son shopping…Un touriste n’achète pas un produit et donc encore moins une technologie. Il s’offre une expérience. Les TIC permettent justement d’enrichir l’expérience. C’est d’enrichir la réalité et le ressenti du touriste. C’est-à-dire par exemple de proposer un audioguide qui ne se contente pas simplement d’apporter des informations, mais qui participe activement à l’expérience du visiteur : expliquer ce qu’il voit, le replacer dans son contexte, à quoi cela servait, lui raconter une histoire… Un consommateur est à la recherche de sens, il a besoin de décrypter le réel, de disposer d’une grille de lecture, de comprendre ce qui l’entoure, mais sûrement pas de disposer en premier niveau de lecture que la première pierre de ce monument a été posée le 12 juillet 1153… Cette approche permet d’enrichir l’expérience mais surtout de créer de l’émotion.Le cycle du voyageur commence par le rêve, c’est là le premier déclic, la première émotion. C’est pourquoi j’aime beaucoup le site web du tourisme de Montréal. Proposer une approche identique pendant le séjour, participe également à cette part de rêve. La fidélisation commence là, de même que le bouche à oreille.Les tic sont au service du tourisme et permettre désormais de :

  • Nourrir le rêve
  • Enrichir l’expérience
  • Décrypter la réalité (apporter du sens, une grille de lecture de l’environnement)

A lire aussi

  • http://cyberstrat.blogspot.com Jean-Claude MORAND

    Comme tu le sais, j’ai un projet de conseillers de voyage virtuel que j’envisage de développer en collaboration avec le LIP6 et le LIRIS (2 labos du CNRS)…le problème est de trouver 4 Mios d’€ (un VC à le dossier sur son bureau) et en ce qui concerne les supports publics de trouver les bons supports et de résoudre les problèmes de territorialité des pôles de compétitivité.

  • http://www.interinnov.com Jacques Magen

    Bonjour, je peux peut-être vous aider et je souhaite en même temps vous poser une question. D’abord, je suis un consultant indépendant qui peut vous aider à résoudre votre problème de trouver un soutien public pour développer votre projet avec les labos du CNRS. Vous pouvez trouvez mes références sur http://www.interinnov.com. Par ailleurs, je recherche des partenaires pour un projet e-tourisme qui implique des sociétés espagnoles qui développent une solution « Health & Wellness » pour un portail lié à des hôtels et des offices du tourisme. Si vous souhaitez plus d’informations et/ou si vous êtes intéressé par le projet en question contactez-moi à jmagen@interinnov.com. Merci et à bientôt peut-être.Cordialement,Jacques Magen

  • VO THANH Tan

    Bonjour,En tant qu’enseignant-chercheur en tourisme, votre projet m’intéresse tout particulièrement. Je suis également en train de finaliser un article portant les comportements et profils des e-touristes de cinq principaux marchés émetteurs européens.Si vous souhaitez qu’on se connaisse davantage pour une éventuelle collaboration, vous pourrez me contacter à l’adresse électronique suivante : utngaovn@yahoo.fr.Bien à vous et peut-être à bientôt.VO THANH Tan.

  • http://www.tourisme-tic.com Philippe Fabry

    @Jean-Claude : Oui et c’est un excellent projet. Tu devrais écrire un billet sur les agents virtuels. Je sais ton livre Tourisme 2.0 développe ce point, mais une piqûre de rappel sur ton blog, cela serait sympa. ;-) @Jacques : merci pour Jean-Claude !@VO : Avec grand plaisir je fais partir un mail.

  • http://www.odyssee-software.cim RENARD

    Bonjour,Nous sommes de plus en plus contactés pour proposer notre logiciel à de jeunes créateurs d’entreprise, dans le but de réaliser des circuits de visite touristique multimédia sur PDA et smartphone avec quidage par GPS.CordialementJean-Flavien Rénardjf.renard@odyssee-software.com

  • http://www.pat-et-tic.fr Pat&Tic

    Bonjour,Je venais sur cet article avec cette idée que les discours de médiation touristique ont dans un cadre général besoin d’évoluer afin de raconter une histoire et donc l’Histoire.Vous avez sûrement dû en parler dans d’autres articles mais le préalable aux axes que vous soulignez, n’est-il pas la capacité des outils numériques à s’adapter au visiteur ? Des projets tels que ceux-là semblent devoir placer le visiteur au centre des dispositifs en tant qu’il est le seul à choisir. Sans oublier de le guider dans ses découvertes.A mon sens, des outils dupliqués à l’infini comme les « audioguides » font qu’une partie du public se coupe de ses centres d’intérêts, de sa façon d’apprécier quelque chose et de son jugement personnel…Cordialement

  • http://www.tourisme-tic.com Philippe Fabry

    @Pat&Tic C’est en effet des thèmes que je développe par ailleurs. Oui la personnalisation est fondamentale, même si dans un premier temps on peut plus simplement imaginer plusieurs types de visites. L’enjeu est justement de ne pas faire écran aux oeuvres. J’ai tendance à dire qu’un bon dispositif numérique ne se voit pas/plus. Il doit être au service d’un objectif. La problématique en ce qui concerne les audioguide est complexe. Globalement on tente de reproduire sur le numérique ce que l’on pouvait faire sans. C’est une erreur, il ne s’agit pas d’informatiser la réalité. Il s’agit de faire autrement et mieux. Au-delà des informations factuelles à proposer sur un guide numérique, il s’agit d’apporter un plus. J’aime généralement dire que d’offrir des grilles de lecture aux visiteurs, est un axe fort : décrypter la réalité, replacer l’objet dans son contexte, comment il était utilisé etc. A mon sens, on part souvent sur un mauvais postulats : les visiteurs sont là pour apprendre, non il sont là pour comprendre. Ce n’est absolument pas la même chose. Tout est à inventer à mon sens pour la médiation versus numérique. On a trop tendance à vouloir reproduire ce que l’on faisait sans son apport. A quand un vrai musée numérique/virtuel qui se fait fi des limites « géographiques », des murs des musées ? Bref que de belles choses à faire ! :-)

  • http://cyberstrat.blogspot.com Jean-Claude MORAND

    Tu as raison Philippe..car les principes d’acquisition des connaissances varient d’une personne à une autre donc chacun d’entre nous à son modèle de compréhension. Je n’ai pas les référence d’andragogie, mais je me souviens avoir lu que les connaissances délivrées à la demande étaient beaucoup mieux acceptées et donc mémorisées. J’en fais régulièrement l’expérience dans mes activités d’enseignant. Je suggère donc que les systèmes numériques soient capable de reproduire ce schéma de pensée et je suis certains que les futurs systèmes de visites seront ceux qui sauront s’adapter aux capacités et attentes de chaque visiteurs. Ils devront pouvoir répondre aux questions que ces visiteurs se posent. Tout un programme de recherche à développer !…

  • http://www.pat-et-tic.fr Pat&Tic

    Je vous rejoins totalement dans l’analyse faite.Je m’apperçois que l’exemple de l’audioguide est bien mauvais car au-delà de répliquer des pratiques déjà en place, il n’a plus vraiment d’avenir dans ce que vous exprimez comme « médiation numérique ». Il devra se doter de bien d’autres choses que de l’audio…En tout cas, je vous suis pleinement dans cet avenir qu’il reste à inventer.

  • GENIEUX Richard

    En qualité d’ingénieur formation sectorielle tourisme, hôtellerie restauration, je rejoins l’ensemble des idées et propos exposés ci dessus. Le web 2.0 est en train de révolutionner notre secteur, l’expérience culturelle d’aujourd’hui débute bien avant de se balader sur les lieux et se poursuit au-delà de la visite. Le Web et les nouveaux outils technologiques aident à gérer la relation avec un touriste. Ce dernier s’attend d’ailleurs à ce que l’entreprise réponde à ses besoins à chacune des trois étapes: avant, pendant et après la visite. «Pour les sites culturels et touristiques, il ne s’agit donc plus seulement de fournir un service limité dans le temps, mais de construire une véritable gestion de la «relation client» par une communication ininterrompue.»

  • http://www.tourisme-tic.com Philippe Fabry

    @Richard Merci et tout a fait. Et c’est également un des leviers pour augmenter les recettes touristiques.

  • http://www.manifone.com/ Cyrille mani

    Intéressant dans la mesure où le touriste peut obtenir toutes les infos nécessaires pour mieux préparer son séjour.

  • http://coleensosa.co.cc/ Coleen Sosa

    En qualité d’ingénieur formation sectorielle tourisme, hôtellerie restauration, je rejoins l’ensemble des idées et propos exposés ci dessus. Le web 2.0 est en train de révolutionner notre secteur, l’expérience culturelle d’aujourd’hui débute bien avant de se balader sur les lieux et se poursuit au-delà de la visite. Le Web et les nouveaux outils technologiques aident à gérer la relation avec un touriste. Ce dernier s’attend d’ailleurs à ce que l’entreprise réponde à ses besoins à chacune des trois étapes: avant, pendant et après la visite. «Pour les sites culturels et touristiques, il ne s’agit donc plus seulement de fournir un service limité dans le temps, mais de construire une véritable gestion de la «relation client» par une communication ininterrompue.»

  • http://glennamendez.co.cc/ Glenna Mendez

    En qualité d’ingénieur formation sectorielle tourisme, hôtellerie restauration, je rejoins l’ensemble des idées et propos exposés ci dessus. Le web 2.0 est en train de révolutionner notre secteur, l’expérience culturelle d’aujourd’hui débute bien avant de se balader sur les lieux et se poursuit au-delà de la visite. Le Web et les nouveaux outils technologiques aident à gérer la relation avec un touriste. Ce dernier s’attend d’ailleurs à ce que l’entreprise réponde à ses besoins à chacune des trois étapes: avant, pendant et après la visite. «Pour les sites culturels et touristiques, il ne s’agit donc plus seulement de fournir un service limité dans le temps, mais de construire une véritable gestion de la «relation client» par une communication ininterrompue.»

  • http://locationvillacalpe.locationvillaespagne.com/findAllVillas.php?filter=Calpe&lang=fr location vacances calpe

    Je pense que ces nouveaux services dans le tourisme serait certainement avantageux pour le touriste aussi.